Columbus Day, une date qui suscite la controverse

La commémoration du « Columbus Day » ou « Journée de la rencontre de deux cultures » fait chaque année l’objet d’une controverse, avec des partisans et des détracteurs.

Après avoir passé en revue l’histoire, certains considèrent que cette journée devrait être utilisée pour se souvenir du début du processus d’esclavage qui a eu lieu avec l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique en 1492, et qu’elle ne devrait pas être célébrée, mais plutôt commémorée.

« Cette date doit être commémorée, pas célébrée. Dans cette simple conceptualisation, nous célébrons l’Indépendance nationale, la Restauration, la naissance de Juan Pablo Duarte….. Cependant, ce fait historique n’est pas un événement patriotique », explique Augusto Bravo, doyen de la faculté des sciences humaines de l’Université autonome de Saint-Domingue (UASD) et également spécialiste de l’histoire américaine.

Changement de nom

Le nom « Día de la Raza » a changé au fil du temps dans de nombreux pays, a souligné Mme Bravo. Par exemple, en Argentine, le « Día de la Raza » est devenu le « Día del Respeto a la Diversidad Cultural Americana » (Journée du respect de la diversité culturelle américaine). L’Uruguay commémore la « Journée de la diversité culturelle ».

Au Nicaragua, en revanche, elle a été rebaptisée « Journée de la résistance indigène, noire et populaire » en 2007, emboîtant le pas au Guatemala et au Venezuela.

Les Chiliens l’ont rebaptisé « Día del Descubrimiento de dos Mundos » (jour de la découverte de deux mondes). En République dominicaine, il a été changé en « Jour de la rencontre de deux cultures », bien qu’il soit encore populairement connu sous le nom de « Jour de la course ».

Selon M. Bravo, le « Día de la Raza » a des connotations idéologiques, mais c’est un terme qui peut être remis en question, tout comme le « Día del Encuentro entre dos Culturas » (jour de la rencontre de deux cultures). « Ce n’est pas la rencontre de deux cultures, mais de cultures multiples », a-t-il souligné dans une interview accordée à elCaribe.

La découverte de l’Amérique

« À partir de cette date (1492), il y a eu une extermination de la population, soumise à l’esclavage et à une exploitation excessive », a souligné l’universitaire et historien.

Toutefois, il a indiqué que « la découverte de l’Amérique doit être mise en évidence et comprise, car elle est un produit du développement capitaliste naissant (…). D’autre part, Christophe Colomb est un homme de la Renaissance, et il faut aussi le comprendre pour comprendre ce processus ».

Dans le même ordre d’idées, il a précisé que, bien qu’on l’appelle une découverte, elle n’en est pas une, car on découvre ce qui n’existe pas. « Nous allons dire qu’en 1492, il y a eu une rencontre », a-t-il déclaré.

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