DR à la COP26 : protection des forêts et crédits carbone

L’une des priorités portées par la République dominicaine au Sommet sur le climat de Glasgow (COP26) concerne les programmes relatifs aux émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts.

À cet égard, Milagros De Camps, vice-ministre de la coopération internationale du ministère de l’environnement, a expliqué à l’Encuentro Verde de Listín Diario les progrès réalisés et la manière dont le vice-ministère soutient les initiatives locales.

Quelles avancées ont été présentées lors de la COP26 concernant le mécanisme REDD+ (réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) ?

En tant que pays abritant des forêts tropicales, nous sommes membres de la Coalition of Rainforest Nations.
Dans les négociations sur les mécanismes du marché du carbone, nous avons fait pression pour clore les négociations de l’article 6 et rendre cet important instrument opérationnel. Et nous avons réussi ! Parmi les réalisations, on peut compter la reconnaissance des droits des populations locales, des jeunes et des femmes et le fait que 5 % de la vente de certificats ou de crédits carbone seront utilisés pour financer l’adaptation au changement climatique.

Cependant, il reste de nombreuses lacunes à combler et des résultats non souhaités, comme l’omission dans le texte de la reconnaissance des crédits carbone issus des forêts avant 2020, afin d’obtenir davantage de financements pour nos forêts.

L’échange de droits d’émission est une question complexe, et dans l’intérêt de deux grands pays en développement, la reconnaissance des certificats dérivés du mécanisme de développement propre qui n’ont pas été annulés a été incluse, mais pas celle des forêts. Ce n’est pas souhaitable.

Quel soutien le vice-ministère de la Coopération apporte-t-il au Programme de réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (PREDD) ?

Le vice-ministère de la coopération internationale a fait l’objet d’un processus de transformation et reflète aujourd’hui un domaine d’activité du ministère de l’environnement et des ressources naturelles, le changement climatique.
Le gouvernement, comprenant l’importance que revêt la lutte contre le changement climatique pour la République dominicaine, a lancé un processus de modernisation du ministère en coordination avec le ministère de l’administration publique, qui a abouti à la transformation du vice-ministère de la coopération internationale en vice-ministère du changement climatique et des affaires internationales.

La structure interne reflète déjà cet état de fait. Ainsi, le nouveau vice-ministère dispose de la direction du changement climatique, de la direction des accords et traités internationaux et de la direction des mécanismes financiers et de la gestion du portefeuille. Le programme REDD+ est mis en œuvre au sein de cette structure.

Depuis notre entrée en fonction, et avec la détermination de contribuer à la croissance économique, à l’équité sociale, à la durabilité environnementale, de soutenir les communautés locales et d’éviter le déplacement des émissions de gaz à effet de serre, et avec la vision de réduire les émissions nettes d’environ 5 millions de tonnes d’équivalent CO2 sur une période de cinq ans, l’accord d’achat de réduction des émissions (ERPA) a été conclu avec la Banque mondiale.

L’ERPA est un instrument innovant qui favorise la gestion durable et permet de connecter les pays en développement à d’autres sources de financement climatique. Les ressources financières offrent de nouvelles possibilités pour atténuer les effets du changement climatique et promouvoir la protection des ressources naturelles, tout en soutenant une croissance économique durable.
Cet accord est un accomplissement pour le pays, un motif de célébration et un progrès dans la lutte contre les impacts du changement climatique et est le résultat du travail du Programme REDD.

Avec cette signature, la République dominicaine est devenue le treizième pays au monde à réaliser une négociation de cette nature. Les fonds reçus seront alloués aux secteurs forestier, agroforestier et sylvopastoral, selon un plan de partage des bénéfices, qui garantit une distribution équitable et transparente des fonds.

Nous savons que les fonds donnés au pays par la Banque mondiale pour couvrir la phase de préparation à la REDD+ seront bientôt épuisés, comment envisagez-vous la continuité de ces efforts que le pays fait depuis 2017 ?

Nous travaillons dans ce sens pour institutionnaliser le programme REDD+, mais aussi, notre travail à la COP26 reflète notre engagement à promouvoir la création de nouvelles sources de financement au niveau international et avec des prix plus justes en compensation de nos réductions d’émissions.

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