L’essor des moyens de paiement électroniques en RD

L’activité de transaction par les moyens de paiement électroniques est en augmentation. Ceci est le résultat de la préférence des utilisateurs financiers, de la large disponibilité des produits et services numériques, ainsi que des initiatives promues par la Banque centrale pour encourager les paiements électroniques.

Le système de paiement et de règlement des titres de la République dominicaine (Sipard) fournit les mécanismes par lesquels les ressources monétaires sont canalisées dans l’économie, afin que les agents économiques et le public en général puissent effectuer leurs opérations financières et de paiement avec sécurité et certitude juridique.

On observe actuellement dans le pays une expansion notable de l’utilisation des moyens de paiement électroniques, une proportion importante des clients des banques utilisant les canaux électroniques mis à leur disposition pour effectuer des transferts et des paiements de fonds, des retraits et des dépôts aux guichets automatiques, ainsi que des achats aux terminaux physiques et virtuels des points de vente.

Les moyens de paiement électroniques utilisés dans le Sipard sont les transferts électroniques de fonds, tels que : le débit direct, le crédit direct et les paiements instantanés BCRD ; les cartes de débit, de crédit et prépayées, chacune d’entre elles ayant des caractéristiques différentielles qui déterminent les canaux d’accès, ainsi que le type d’utilisation et la préférence de leurs utilisateurs.

Pour se faire une idée précise de l’essor des moyens de paiement électroniques, il suffit de noter qu’entre 2008 et 2021, le volume des paiements électroniques a augmenté de 503,5 %, tandis que les chèques ont diminué de 33,7 %.

En 2008, 76,5 millions de paiements électroniques ont été enregistrés et 32 millions de chèques ont été émis. En 2021, le nombre de chèques passera à 462 millions et 21,2 millions, respectivement. En termes de part, en 2008, 70,5% des paiements étaient effectués avec des moyens de paiement électroniques et 29,5% avec des chèques, alors qu’en 2021, ils seront respectivement de 95,6% et 4,4%.

Il convient de noter que la pandémie de covid-19 a accéléré l’utilisation croissante des moyens de paiement électroniques, avec une augmentation de 28,1% du volume des transactions en 2021, par rapport à 2019 avant la pandémie. Ce comportement s’observe principalement dans les paiements instantanés BCRD, qui ont augmenté de 192,7 % au cours de la période susmentionnée, c’est-à-dire de 3,8 millions de transactions en 2019 à 11,1 millions en 2021.

Certains aspects ont favorisé l’expansion des moyens de paiement électroniques, en évaluant la situation actuelle de ses principaux acteurs, comme par exemple :

(a) Les utilisateurs, qui ont aujourd’hui un accès plus large à l’internet et aux appareils électroniques tels que les téléphones mobiles, les ordinateurs et les tablettes, où 92,7 % des ménages disposent d’un téléphone mobile et 9,5 millions de comptes internet sont disponibles , ce qui leur a permis d’être mieux informés sur les services financiers et de paiement, ainsi que sur les droits auxquels ils peuvent prétendre.

Ces utilisateurs préfèrent utiliser les canaux électroniques pour les transferts et les paiements, en particulier les canaux qui permettent un crédit immédiat. En ce sens, à la fin de 2021, 5 566 792 utilisateurs de services bancaires par internet seront enregistrés, soit 299,9% de plus que le nombre d’utilisateurs en décembre 2014, qui était de 1 392 051.

b) Les banques consacrent davantage de ressources à l’expansion des services par les canaux électroniques et à l’offre de nouveaux produits numériques. À ce jour, 100 % des banques multiples offrent des services par le biais de la banque en ligne et 90 % des associations d’épargne et de crédit, ainsi que 58 % des caisses d’épargne et de crédit, ce qui témoigne de la reconnaissance de l’importance de la numérisation et des services par les canaux électroniques.

c) Les fournisseurs de services de paiement non bancaires, nouveaux et traditionnels, font des percées avec des alternatives innovantes et attrayantes, telles que les administrateurs de systèmes de paiement, les sociétés d’acquisition et les gestionnaires de réseaux de distributeurs automatiques de billets, ces derniers comptant près de 150 distributeurs opérant dans des régions du pays traditionnellement peu pourvues en distributeurs de billets,

d) La banque centrale met constamment à jour la réglementation des systèmes de paiement et améliore l’infrastructure technologique et opérationnelle au service des systèmes de paiement, assurant ainsi la sécurité des services de règlement des paiements de Sipard.

À cet égard, lorsqu’on évalue les causes de la forte augmentation des paiements électroniques, il convient de souligner le rôle primordial joué par la Banque centrale grâce à des mesures précises et opportunes, telles que la mise en œuvre du système RTGS pour régler en temps réel tous les paiements effectués entre les intermédiaires financiers, les intermédiaires en valeurs mobilières, le dépositaire central de titres, la Trésorerie de la sécurité sociale et la Trésorerie nationale, ainsi que la Banque centrale elle-même.

Cette plateforme est également utilisée pour régler les transactions dans le pays pour les cartes Visa et MasterCard, les guichets automatiques, les chèques, les débits et crédits directs (ACH), les paiements mobiles et les sous-agents. Dans le cas de ces dernières, elles correspondent aux transactions effectuées dans les quelque 5 000 sous-agents opérant dans tout le pays, qui facilitent l’accès et l’utilisation des services financiers et de paiement dans les communautés où il n’y a pas de présence bancaire, et contribuent à l’inclusion et à la pénétration bancaire.

Le service Pagos al Instante BCRD a également été un autre facteur déterminant dans l’essor des moyens de paiement électroniques. Grâce à ce service, les clients de la banque peuvent effectuer des transferts de fonds et des paiements de prêts et de cartes 365 jours par an, de 7h00 à 23h00, avec un temps d’accréditation maximum de huit minutes.

Ce service a été très bien accueilli par les clients des banques, de plus en plus avides d’immédiateté et de sécurité dans leurs opérations de paiement. Pour la seule année 2021, 11,1 millions de transactions ont été effectuées, contre 0,2 million en 2015. Entre le lancement du service en novembre 2014 et décembre 2021, 24,8 millions de transactions ont été effectuées.

Dans le domaine réglementaire, la Banque centrale n’a pas cessé de doter le Sipard de la réglementation nécessaire pour permettre l’accès et le fonctionnement des prestataires de services de paiement avec équité et certitude réglementaire, ainsi que la protection adéquate des utilisateurs de ces services.

À cette fin, la modification complète du règlement sur les systèmes de paiement, approuvée par le Conseil monétaire par le biais de sa deuxième résolution du 29 janvier 2021 et l’approbation de ses instructions complémentaires, répond à ces objectifs et contribue ainsi à promouvoir le développement de l’activité financière et de l’économie en général.

À cet égard, le nouveau cadre réglementaire a permis l’entrée dans le Sipard de fintechs de paiement, comme les établissements de paiement électronique et les agrégateurs de paiement, qui, par la gestion de comptes de paiement électronique et d’autres instruments de paiement, respectivement, promettent d’apporter des services de paiement à des secteurs traditionnellement mal desservis et en dehors des services financiers traditionnels.

Dans un système financier et de paiement en constante évolution, la Banque centrale reste garante du bon fonctionnement du Sipard, se conformant ainsi aux dispositions de l’article 15 de la loi monétaire et financière 183-02 sur ses fonctions de « surveillance et de règlement final des systèmes de paiement ».

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