L' »impact économique » de l' »industrie du divertissement »

Les autorités de la Banque centrale dominicaine (BC) considèrent comme très important l’impact économique du secteur du tourisme en République dominicaine. En effet, on estime qu’au moins un tiers de la croissance affichée par l’économie est précisément due à ce secteur.
Cependant, la mesure du tourisme n’est pas seulement axée sur l’activité hôtelière dans les pôles de destination des visiteurs, mais s’inscrit dans un segment très diversifié que les techniciens de cette institution définissent comme « hôtels, bars et restaurants ».

Cela indique que lorsque l’on parle de tourisme, il s’agit d’une large implication des voyages terrestres, maritimes et aériens, des visites de Dominicains non résidents et d’étrangers, de leur hébergement dans des hôtels, de leurs visites aux destinations des visiteurs, de la consommation dans les restaurants, les bars, les discothèques et tout autre centre de divertissement formel et informel, parmi d’autres.

Ce n’est donc pas un hasard si ce nombre d’activités est considéré comme ayant un tel impact sur l’économie qu’il pourrait être englobé dans un concept plus complet, qui serait « l’industrie du divertissement », plus que le tourisme et bien plus que les « hôtels, bars et restaurants ».

Mais pourquoi son impact sur l’économie est-il si important ? Les raisons sont diverses, mais l’une d’entre elles est très importante, même si elle n’est pas directement visible : le blanchiment d’argent. En effet, cette « industrie du divertissement », qui comprend également les casinos, les paris sportifs et les centres de loterie, entre autres jeux de hasard légaux, illégaux et « hybrides », se prête favorablement au « nettoyage » de l’argent d’origine illicite.

Dans cette optique, on pourrait penser que l’État, au lieu de souligner la grande contribution et l’impact économique de cette activité, devrait mettre en place des mécanismes de contrôle des opérations de blanchiment dont nous parlons, étant donné qu’elles sont illégales.

Cependant, cela présente d’autres limites : la première est que le blanchiment d’argent dans l’industrie du divertissement, bien qu’il soit évident pour quiconque s’intéresse aux niveaux de consommation, aux prix et à d’autres aspects liés à la situation économique du pays, présente également la difficulté d’être difficile à prouver.

Par exemple, dans le cas des bars, des restaurants et des jeux d’argent, il y a beaucoup de transactions en espèces ou par carte de crédit ou de débit, mais presque aucune pratique de demande de facture avec numéro de reçu fiscal (NTR) à des fins de déclaration d’impôt.

Cela signifie qu’un propriétaire de bar ou de restaurant peut déclarer des niveaux de ventes beaucoup plus élevés que ceux qu’il a réellement réalisés, apporter une très grosse somme d’argent liquide à la banque où se trouve son compte professionnel, dûment enregistré, et l’entité financière le recevra et l’entrera dans le système (apurement immédiat) sans autre question, car la provenance est supposée être légitime.

Il se peut qu’à un moment donné, l’administration fiscale soit incitée à examiner les opérations de certains établissements du monde de l’art et du spectacle, mais il s’agit là d’un autre facteur de difficulté ou de manque de motivation pour enquêter davantage : le fait que ces entreprises paient généralement leurs impôts à temps et dans leur intégralité (peut-être pour ne pas éveiller les soupçons ou inciter l’administration fiscale à s’intéresser à elles).

Pendant ce temps, les activités de ce grand secteur du divertissement en général se poursuivent, sous le couvert de sociétés et d’entreprises dûment enregistrées et « légales », parce qu’elles sont constituées en tant que telles, mais qui, compte tenu des importants volumes d’argent liquide qu’elles manipulent, sans factures, avec la justification des clients eux-mêmes qui ne demandent pas de NCF, peuvent prendre les grosses liasses de billets pour les déposer dans des banques officielles, ce qui implique automatiquement le blanchiment de tout cet argent.

Le fait est que l’on ne saura jamais si l’argent déclaré comme ventes est entièrement le fruit de la consommation des clients ou si une grande proportion d’origine illicite est entrée dans le paquet qui atteint finalement le secteur formel. En attendant, tout le monde y gagne : les propriétaires des entreprises, les blanchisseurs qui les utilisent directement ou indirectement, les bénéficiaires du dynamisme économique qu’implique leur fonctionnement, et l’État lui-même, grâce aux taxes qu’il perçoit.

Source: Eldinero.com

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République Dominicaine Live

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